Avez-vous déjà remarqué la puissance de la nature ?

Après une tempête, un incendie ou même un hiver rigoureux, elle trouve toujours un moyen de renaître.

Discrètement, doucement, profondément.

Et puis, un jour, la vie réapparaît.

Le neuropsychiatre Boris Cyrulnik utilise souvent l’image d’une montagne après un incendie pour expliquer ce qu’est la résilience.

Les pins brûlés restent debout longtemps et leur squelette calciné ressemble à des silhouettes figées dans le paysage.

On pourrait croire que tout s’arrête là.

Et pourtant, sous la terre, un réseau s’est mis en marche.

Quelque chose continue de travailler.

Peu à peu, la végétation revient.

La forêt se transforme.

Là où les pins se dressaient, ce sont des chênes qui poussent, plus résistants.

Là où les renards se promenaient, on aperçoit parfois des écureuils en quête d’un gland.

La nature ne cherche pas à effacer ce qui s’est passé, elle compose avec l’histoire du lieu et fait émerger une nouvelle vie.

Cette image parle profondément de nous.

Après une maladie, un burn out, un bouleversement de vie, j’entends souvent cette phrase :

« Je ne suis plus la même personne qu’avant. »

Et c’est vrai.

Certaines certitudes tombent, certaines fragilités apparaissent, certains rythmes changent…

Et dans ce processus de transformation, une nouvelle conscience émerge.

Comme une profondeur qui nous dirige vers une ressource essentielle : notre puissance de vie, notre capacité de résilience.

La résilience ne consiste pas à effacer l’épreuve.

Elle consiste à continuer à vivre avec elle, autrement.

Cette transformation me fait penser à cet art japonais très ancien appelé le kintsugi.

Lorsqu’un bol se brise, on ne cherche pas à cacher ses fissures. Au contraire, on le répare avec de l’or. Les lignes de fracture deviennent les parties les plus précieuses de l’objet…

Nos blessures peuvent, elles aussi, devenir les lignes d’or de notre histoire, les traces de ce que nous avons traversé et la preuve de l’énergie que nous avons développée.

Et dans ce processus, une autre force joue un rôle essentiel : l’optimisme.

Cette posture intérieure qui redonne du sens à notre histoire.

Là où la résilience permet de se relever, l’optimisme ouvre le regard vers l’avenir, vers un nouveau possible.

L’optimisme est un choix, une décision qui laisse une place à l’espoir, aux ressources et à tout ce qui peut naître.

Ce n’est pas une injonction à « sois positive », « sois forte ».

C’est une chaleur, une douceur intérieure qui nous aide à continuer, à croire, à agir, à créer.

C’est une ressource psychologique puissante pour traverser les épreuves et mobiliser l’action.

C’est un acte de résistance, une manière de laisser passer la lumière à travers nos fissures.

L’optimisme ne nie pas la tempête, il nous donne la force de continuer à marcher même sous la pluie.

Avec la résilience nous apprenons à recoller les morceaux et avec l’optimisme nous choisissons d’y déposer un peu d’or.

Pas pour faire comme si rien ne s’était passé, au contraire, pour honorer la vie qui est en nous, la puissance qui est née en nous, dans notre corps et notre cœur.

Alors à toutes les femmes qui ont traversé ou traversent une épreuve…

Ressentez que vous êtes comme ces petites pousses courageuses et audacieuses qui surgissent après l’incendie.

La vie a un incroyable talent : faire naître de la lumière exactement là où la fissure est apparue.

Continuons à avancer, à espérer, à aimer, à créer, à rire aussi car la joie reste l’une des plus belles forces de réparation.

Même après les tempêtes les plus intenses, la vie finit toujours par refleurir.

Et vous aussi.

Malgré les tempêtes et les épines de la vie,

laissez éclore la rose que vous êtes.

Et souvenez-vous,

vous êtes extraORdinaire !

Avec tout mon amour, ma joie et mon optimisme.

Corinne Laborie
Présidente de la ligue des Optimistes de France