Où quand une vie ne tient plus, et qu’une autre cherche à naître

Les médecins m’ont dit :

« Vous êtes guérie. »

Mais ce qu’ils ne m’ont pas dit, c’est que rien, en moi, ne reviendrait comme avant.

Le jour du diagnostic, je dis souvent que je me suis pris un camion.

Un choc frontal, brutal, inévitable.

Comme un semi-remorque lancé à pleine vitesse dans une descente, et moi, en bas de la pente, sans possibilité d’esquiver.

À partir de ce moment-là, quelque chose en moi a basculé dans une autre dimension.

Une dimension où il n’y a plus vraiment de choix.

On entre dans un chemin.

Ce chemin est balisé, médical, structuré, nécessaire.

Il rassure autant qu’il dépossède.

On avance parce qu’il faut avancer.

On tient parce qu’il faut tenir.

À l’extérieur, tout semble cadré.

Mais à l’intérieur, tout vacille.

Le corps change.

Le regard sur soi se fissure.

La peur s’infiltre dans les interstices du quotidien.

Et puis il y a ces moments, presque imperceptibles pour les autres, où l’on se retrouve face à soi-même.

Sans rôle.

Sans masque.

Sans possibilité de fuir.

Avec le recul, je comprends que ce passage n’était pas seulement une épreuve à traverser.

C’était une véritable traversée initiatique.

Une descente lente et irréversible, où quelque chose en moi a été appelé à se détacher, à tomber, à disparaître.

Non pas moi, au sens où on pourrait le croire.

Mais une peau devenue trop étroite.

Une manière d’être qui ne pouvait plus continuer.

Cela, personne ne me l’avait dit.

Personne ne m’avait accompagnée dans cette profondeur-là.

Alors j’ai fait comme beaucoup.

J’ai avancé.

J’ai serré les dents.

J’ai fait « comme si ».

Comme si j’allais bien.

Comme si j’étais forte.

Comme si je pouvais reprendre ma vie exactement là où je l’avais laissée.

Mais la vérité, c’est que cette vie n’existait plus.

Et moi non plus, je n’étais plus la même.

Le cancer ne m’a pas seulement confrontée à la mort.

Il m’a obligée à rencontrer la vie autrement.

Plus nue.

Plus exigeante.

Plus vraie.

Il a mis en lumière des endroits en moi que je n’avais jamais vraiment regardés.

Pendant longtemps, je m’étais construite autour de l’idée qu’il fallait être à la hauteur, être solide, être fiable, continuer coûte que coûte.

Et cette épreuve est venue fissurer tout cela.

Non pas pour me détruire.

Mais pour me déplacer.

Puis viennent les mots que l’on attend.

Et qui, paradoxalement, déstabilisent presque autant que le diagnostic :

« Vous êtes guérie. »

Le monde, autour, reprend son rythme.

Tout semble inviter à revenir à la normale.

Mais intérieurement, rien ne suit ce mouvement.

On se retrouve dans un entre-deux étrange.

Ni vraiment d’avant.

Ni encore d’après.

Avec un corps qui porte la mémoire de ce qui a été traversé.

Et une psyché qui cherche encore ses repères.

C’est là que j’ai ressenti le plus grand vide.

L’absence d’accompagnement.

L’absence d’un espace pour déposer ce qui avait été vécu.

Pour comprendre.

Pour intégrer.

Comme si le plus visible avait été pris en charge, mais que tout l’invisible restait à porter seule.

Alors j’ai cherché.

Non pas des réponses toutes faites.

Mais un endroit où ce vécu puisse exister pleinement.

Un endroit où il ne soit ni minimisé, ni contourné, ni accéléré.

C’est dans ce mouvement que quelque chose s’est ouvert.

Presque comme une évidence.

Car si je devais nommer ce que cette expérience m’a appris, ce serait ceci :

Même lorsque tout semble s’effondrer, quelque chose en nous continue de chercher la vie.

Autrement.

Et c’est peut-être là, dans cet endroit fragile et puissant à la fois, que commence une forme de renaissance.

C’est précisément à cet endroit-là que j’ai choisi de me tenir aujourd’hui.

J’accompagne des femmes qui ont traversé un cancer et qui se retrouvent dans cet après où tout est plus flou, plus fragile, parfois même incompréhensible.

Concrètement, je leur propose un espace d’exploration profonde où ce qu’elles vivent peut être accueilli sans être corrigé ni accéléré.

Nous partons de leur vécu, de leur corps, de leurs émotions.

Et nous venons mettre des mots là où, souvent, il n’y en a pas encore.

Mon outil est le thème natal.

Je l’utilise comme un langage.

Un support.

Un miroir.

Non pas pour prédire ou expliquer de l’extérieur.

Mais pour révéler ce qui se vit à l’intérieur.

Il permet de donner du sens à ce qui semble chaotique.

De reconnaître les mouvements profonds à l’œuvre.

Et de retrouver un fil là où tout paraît dispersé.

C’est un travail de réaccordage.

Lent.

Sensible.

Profondément respectueux du rythme de chacune.

Un retour vers soi.

Là où quelque chose peut à nouveau se poser.

Respirer.

Exister autrement.

Parce que ce que j’ai traversé m’a appris une chose essentielle :

On ne sort pas indemne d’un tel passage.

Mais on peut choisir de ne pas le traverser seule.

Et surtout, on peut choisir d’en faire autre chose qu’une rupture.

Peut-être un passage.

Peut-être une transformation.

Peut-être…

une renaissance.


Sandra PG
Astrologue de l’Âme

Si tu as traversé un cancer, je t’accompagne à faire de ce tsunami une renaissance.