Après une dépression sévère à l’âge de vingt ans, puis deux dépressions post-partum à la naissance de mes filles, Anaïs et Maença, je pensais déjà avoir traversé de nombreuses tempêtes.
Près de vingt ans plus tard, je suis toujours suivie pour un trouble bipolaire. Et en 2019, une nouvelle épreuve est venue bouleverser ma vie.
Quelques semaines après avoir fêté mes 48 ans, je découvre une boule sur le haut de mon sein gauche en me douchant. Très vite, tout s’enchaîne : examens, biopsie, puis le diagnostic tombe en mai.
Un cancer du sein hormonodépendant, de grade 3.
Avec le recul, je garde une colère. Ma gynécologue de l’époque ne pratiquait jamais de palpation mammaire lors des consultations. Je lui ai fait remonter ce constat, ainsi qu’à la chirurgienne qui m’a prise en charge. Cette négligence aurait pu avoir de lourdes conséquences.
Puis commence le combat.
La chimiothérapie.
La mastectomie.
La radiothérapie.
Les injections d’un traitement ciblé pendant un an.
Et le tamoxifène que je prends encore aujourd’hui, plus de six ans après.
Beaucoup y verraient un enfer.
Pourtant, aussi étrange que cela puisse paraître, cette épreuve m’a également libérée. Une force intérieure insoupçonnée s’est révélée en moi. Pendant un temps, j’en oubliais même ma bipolarité.
Sur le plan personnel, ma vie était tout aussi mouvementée.
J’avais quitté le père de mes trois enfants en 2016, avant de revenir vivre à ses côtés en juin 2018. Traverser la maladie entourée de mes enfants et en sa présence m’a sans doute aidée à ne pas affronter cette épreuve seule.
Je l’ai quitté définitivement en avril 2022.
Puis est venu le divorce, prononcé en 2024.
Une nouvelle blessure.
Une autre encore lorsque la justice a décidé de me retirer la garde de Maença. Une décision extrêmement douloureuse dont je porte encore aujourd’hui les cicatrices.
Comme si cela ne suffisait pas, la vie m’a frappée une nouvelle fois.
En avril 2025, mon fils Enric est parti.
Depuis, son absence m’accompagne chaque jour.
Il me manque infiniment.
« Je t’attends mon grand. »
Aujourd’hui, je me reconstruis comme je peux.
Je reste fragilisée par cette aventure qui aurait pu m’être fatale. La peur de la récidive existe parfois, comme une ombre discrète qui rappelle que rien n’est jamais totalement acquis.
Mais je suis là.
Vivante.
Debout.
Et malgré tout ce qui m’a été enlevé, je continue d’avancer.
J’ai du sursis.
Merci la vie. 🌹
Candice Doris